#11 ON VOUS EMMÈNE

– Lundi 25 juillet –

Il s’agit aujourd’hui de notre dernière étape, oui oui déjà…

Le dernier projet que nous avons découvert est la compagnie de cirque « On Vous Emmène » qui est basée à Nantes.

Le concept
DSC_0034Cette compagnie d’arts du spectacle a pour mission de rendre accessible la culture aux publics éloignés de cette dernière : handicapés et personnes âgées.
Ainsi, ils produisent des spectacles de clown individuels et improvisés aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.
Comment ça se déroule ?
Quel bonheur de voir le duo de Clowns déambuler dans le service ! Ils alternent entre performances vocales, scènes grotesques et acrobaties et le public rit aux éclats ! Chaque résident ressent leur venue d’une manière différente.
Les clowns improvisent un contenu « absurde » et les résidents s’en amusent, les grondent ou s’offusquent. Le dialogue fonctionne à la perfection et provoque un « retour à la réalité » pour des patients parfois ailleurs. Tous vivent pleinement l’instant présent.
Les clowns s’invitent aussi bien dans les salles de vie collective que dans les chambres des résidents afin d’avoir une relation plus privilégiée avec eux.
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Ce que cela apporte aux résidents
Afin de nous rendre compte des effets bénéfiques qu’apportent  les scènettes aux résidents, nous nous sommes entretenues avec le personnel du service. Ceux-ci nous ont confié que la venue des deux comédiens provoquaient des rires, du partage et même beaucoup plus. En effet les résidents rentrent totalement dans le jeu des acteurs et sont emportés par l’humour des clowns. Grâce à ça ils vivent pleinement l’instant présent et n’hésitent pas à échanger avec eux, à leur poser des questions.
Le passage de nos deux amis au nez rouge laisse une ambiance beaucoup plus détendue et les sourires restent sur les visages !
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Et après ?
Au vu du succès de cette initiative, la compagnie a décidé de pérenniser ce projet en créant « Le Nez à l’Ouest », une association dédiée à ces intervention circassiennes aux sein des maisons retraite. Ainsi, elle espère pouvoir se développer et intervenir dans d’autres services en France !
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#10 LE VILLÂGE DES AUBÉPINS

– Vendredi 22 juillet –
Hier, nous avons eu un véritable COUP DE COEUR pour le villâge des Aubépins à Maromme (Rouen) ! Cet EHPAD était, il y a sept ans, un établissement vétuste qui ne répondait plus aux normes sanitaires et sécuritaires. Menacé de fermeture, les habitants, aidants, résidents se sont mobilisés et ont obtenu un nouveau permis de construire. Une renaissance ! Mais la direction souhaitait préserver une seule chose : son implantation au coeur du village. En effet, trop de maisons de retraite sont construites en extérieur, et cela en dit long sur la vision du vieillissement en France, ne pas les voir pour ne pas vieillir !
Le leitmotiv de cette nouvelle infrastructure est désormais « Quand on ne peut plus aller à la ville, c’est la ville qui vient à vous « .
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L’EHPAD est donc devenu « Le villâge des Aubépins » avec, tenez-vous bien, une place de village et une rue commerçante qui est reliée à l’extérieur. On y trouve une couturière, une coiffeuse, une esthéticienne mais également un restaurant où travailleurs du village, résidents et proches se réunissent.
Tandis que l’on déjeunait à la brasserie « Chez Maman », un bénévole passionné commentait l’étape du Tour de France Albertville-Chamonix (grandes montagnes, gros enjeux !) avec les curieux réunis sur la place du village.
Tout à été pensé pour améliorer le quotidien des résidents et lutter contre l’image de « résidence médicalisée » ou « mouroir ». Chacun habite dans un appartement, avec salle de bain individuelle et balcon. Il est domicilié à une rue (rue des étourdis, place des plaintes, rue des farceurs…) et chacun possède une boîte aux lettres. Le midi, ils ne vont pas à la cantine mais au restaurant.
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De la belle vaisselle est dressée et le menu du jour est indiqué en centre de table. A chaque évènement, férié ou anniversaire, le personnel fait une décoration de table personnalisée : pliage de serviette, nappes, tout y est ! L’accueil de jour est un cottage et le PASA (pôle d’activités et de soins adaptés) est devenu Le Club !
La porte est ouverte sur les cuisines et la blanchisserie pour renforcer le lien social entre personnel et résidents. Les équipes ont été rebaptisées en « Grand Théâtre » pour l’administration (la directrice est le chef d’orchestre, etc) et le pôle des soins en « Symphonie » (les infirmières sont musiciennes), la blouse blanche est bannie ! Bah oui, comme le dit Madame Mongaux, la directrice, « Vieillir n’est PAS une maladie ! » .
L’équipe a une réelle volonté de rendre ces lieux beaux et harmonieux afin de les rendre dignes. Des artistes plasticiens ont illustré l’ensemble des rues et places de la maison par des peintures ou mobiles. Les mobiles ont été conçus à partir d’objets récupérés dans l’ancienne maison : cannes, dentiers, biscuits cachés, téléphones…Riches en symbole, ces oeuvres donnent du sens et dédramatisent le lieu. C’est à la fois une valorisation culturelle, mais également, une manière de se repérer pour les résidents. Qui a dit que l’art ne servait à rien ?
Vous l’aurez compris, la liste d’attente pour venir au « Village des Aubépins » est longue…Mais l’équipe oeuvre pour transmette ses idées à tous les curieux afin de développer plein de « bébés village » partout en France.
Leur dernier projet en date est la construction d’une pièce de théâtre « La dame à la cervelle en coeur » qui fait participer les résidents, les familles et le personnel. Le synopsis est le suivant :  Une personne âgée n’a plus de nouvelles de son fils. La vérité est que celui-ci est décédé. Mais le personnel ne souhaite pas l’en informé par peur de la blesser. Autour de cette production artistique, ils ont souhaité désacralisé le tabou et la vision de la mort. Cette joyeuse bande répète depuis plusieurs mois avant la grande première début novembre. Il n’y a pas d’âge pour être acteur !
Nous vous témoignons de notre enthousiasme après une bonne nuit..à la maison de retraite ! Et oui, ils ont créé une chambre d’hôtes, au 236 de la rue des étourdis, pour les gens de passage, les touristes ou les proches : Deux matelas moelleux, kitchenette et salle de bain dernier cri, un vrai luxe ! Tenez-vous prêts, elle sera bientôt sur Airbnb et TripAdvisor…Pensez à réserver pour vos week-ends Rouennais !
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#9 Les Talents d’Alphonse

– Mardi 19 juillet-

Nous continuons notre escapade parisienne et partons à la découverte de l’association « Les Talents d’Alphonse » qui met en relation les jeunes et les moins jeunes afin que ces derniers leur transmettent leurs savoir-faire.

Le concept 

« Apprendre un savoir-faire manuel et réaliser des projets avec les Alphonse, de jeunes retraités dynamiques et passionnés ».

Après avoir constaté que nos aînés jouaient un rôle primordial en ce qui concerne la transmission des savoir-faire, Thibault et Barthélémy , les fondeurs, ont décidé de réunir les générations afin que les plus jeunes (appelés les Curieux) bénéficient des talents des moins jeunes (les Alphonses et Alphonsines). Ainsi, grâce à leur association, vous pouvez apprendre à coudre ou bien à cuisiner, jardiner, bricoler.

Le projet valorise l’expérience de nos ainés tout en étant un complément de revenu, lors d’un moment convivial.

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Et comment ça fonctionne ? 

Il suffit d’aller sur leur site internet, de choisir le savoir-faire que vous souhaitez découvrir ainsi que la date où vous êtes disponible, puis vous serez mis en relation avec un Alphonse. Les séances peuvent se dérouler chez vous ou au domicile du sénior et coûtent 15€ de l’heure. Le partage, l’échange et la convivialité seront au rendez-vous !

Le cours de couture avec Nicole

Nous avons eu l’honneur d’apprendre à coudre une housse de coussin avec Nicole, une jeune retraitée passionnée de couture depuis son plus jeune âge. Une fois à la retraite, elle décide d’en faire son hobbie quotidien et de montrer ses créations sur internet. Mais avant de se lancer dans ce projet elle rencontre Barthélémy et décide de devenir leur première Alphonsine. Depuis le mois de janvier Nicole donner des cours toutes les semaines à des curieux et curieuses motivé(e)s et révèle même parfois quelques passions et talents cachés. Lorsque c’est le cas, c’est pour elle une vraie réussite !

Elle nous confie avoir besoin de la jeunesse pour « se maintenir dans le coup », et selon elle les échanges entre ces deux générations aident forcément à bien vieillir.

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Et après ?

Aujourd’hui présents en Ile de France, les deux jeunes hommes envisagent de faire voyager leur concept à Lille puis partout en France ainsi que de s’ouvrir à de nouveaux savoir-faire tels que l’art par exemple.

 

#8 Ensemble deux Générations

– Lundi 18 juillet –

C’est à Viroflay dans les Yvelines que nous avons découvert l’association « Ensemble deux Générations ». Il s’agit d’une association qui crée des cohabitations intergénérationnelles entre sénior et étudiant.

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Le concept

L’association bénéficie aux séniors en luttant contre leur solitude, en leur apportant une aide quotidienne pour les petites taches ainsi qu’un petit complément de revenu. Et elle bénéficie à la fois aux étudiants en leur offrant l’opportunité de conserver l’esprit du cocon familial tout en leur proposant un logement peu cher ou gratuit pour certains.

L’association

Cette année E2G fête ses 10 ans et cumule à son compteur près de 3000 duo sénior/étudiant formés ! Rien que dans les Yvelines cette année, il y en a eu 90. L’association est présence en Ile de France et en Province. Les binômes sont mis en relation par un chargé de mission (ici Mme Etienne pour les Yvelines) qui analyse auparavant les besoins, attentes et personnalités de chacun afin d’écrire une belle histoire

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Le fonctionnement 

Un sénior fait part à l’association de son envie d’accueillir un jeune dans sa maison et cette dernière sélectionne parmi toutes les candidatures les profils les plus en phase avec lui. Il s’agit d’un vrai travail de psychologue afin de créer des duos qui fonctionnent !

Chez Madame Keller et Christina 

Afin de voir ça de plus près nous nous sommes rendues dans une de ces cohabitations, chez Mme Keller. Cette dernière, accueille deux jeunes étudiantes étrangères, Christina originaire de Macédoine et Margherita de Colombie, afin qu’elles puissent étudier le droit à La Sorbonne. Le feeling entre les trois femmes est de suite passé.

Du haut de ses 97 ans, Mme Keller fière de sa descendance (7 enfants, 21 petits enfants et 24 arrières petits enfants) trouvait sa maison bien vide après les plus jeunes partis. C’est pourquoi, afin de ramener de la vie et de la convivialité elle a décidé d’accueillir les jeunes filles. Bavarde et brillante, la barrière de l’âge ne les empêche pas d’avoir des sujets de discussion communs, bien au contraire ! Les étudiantes adorent connaître comment était la vie en France avant, à l’époque de Mme Keller. Et cette dernière, en tant que grande curieuse, aime voyager grâce aux cultures différentes des deux jeunes filles.

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#7 Le permis « Ça roule en fauteuil »

– Mercredi 13 juillet-

Aujourd’hui nous avons découvert la septième initiative de notre parcours : le permis « Ça roule en fauteuil » de l’EHPAD de Mornant, petite ville proche de Lyon.

Ce projet a été imaginé de toute pièce par Pascale, l’animatrice de la résidence. Cette idée est parti d’un constat simple : chacun veut aider mais les fauteuils sont souvent différents et il est parfois difficile d’appréhender leur conduite.

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Le concept 

Le permis est délivré par les résidents qui deviennent formateurs, aux élèves volontaires de l’école du village. Depuis 2015, date de la mise en place du projet, il y a en moyenne 5 sessions de permis par an. A chaque session un groupe de 8/9 enfants sont formés pendant 4 séances (tous les jeudis pendant un mois) par les résidents en fauteuil.

Le permis 

Afin de poser le cadre du permis  les résidents se sont réunis autour d’une table et ont défini les critères indispensables à la bonne conduite. Tout d’abord, se saluer « Bonjour Monsieur, comment aller vous ? Moi, c’est Enora ! » Et oui, parce que l’échange : c’est essentiel ! Puis, il faut vérifier si les roues sont bien gonflées et si « notre formateur » est bien installé.
Cet apprentissage se construit sur 4 séances : les 3 premières consistent à passer les côtes, les pentes, les marches, le petits escaliers. La dernière séance est le passage du permis. Solennelle, parfois stressante, les séniors formateurs s’équipent d’une grille d’évaluation… Que l’on vous rassure.. Tout le monde obtient son permis, et avec mention très bien !
Une fois les sessions terminées, une cérémonie de remise des permis est organisée par le Maire, la directrice de l’EPHAD et le journaliste local (rien que ça !). Les enfants ont le sourire jusqu’aux oreilles…Sans parler des parents !
Nous aussi nous avons passé notre permis et après beaucoup de manœuvres et de concentration nous l’avons obtenu !!
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Et après ?
Une fois le permis en poche les enfants peuvent revenir à l’EHPAD pour prendre des nouvelles des résidents et pourquoi pas les emmener faire une petite balade !
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#6 Solibus

– Lundi 11 juillet –

Pour commencer notre deuxième semaine nous sommes allées à la découverte d’Avignon et de l’initiative Solibus.

Il s’agit d’un projet de l’association Minibus Service, qui propose aux personnes âgées de venir les chercher en minibus à leur domicile afin de les emmener sur des lieux culturels : musées, théâtres, expos mais aussi week end campagne. Ainsi les véhicules permettent de reconnecter les séniors à la culture.

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L’association a établi un programme culturel pour tout l’été. Au programme : festival d’Avignon, pique nique à la campagne, expositions etc.

Ce projet est en partie mené par des jeunes en Service Civique. Ces derniers se sont occupés de la programmation en contactant les séniors afin d’établir une liste de leurs envies. Ce sont également aux qui les accompagnent lors des sorties.

Nous avons rencontré Mme Dipietro, et elle nous a confié avoir déjà fait son choix, elle optera pour le théâtre en tant que grande fan de Lambert Wilson et Nathalie Baye.

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Ainsi, cela lutte contre l’isolement des séniors et encourage la curiosité et la découverte. Solibus c’est s’enrichir pour ne pas vieillir !

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#5 La cantine partagée de Bioule

– Vendredi 8 juillet – 

Dernier jour de cette première semaine mais pas le moindre !

Aujourd’hui nous allons découvrir la cantine partagée du village de Bioule dans l’Aveyron. Le concept est vraiment très simple et porteur d’énergie positive !

Il y a 6 ans lors de la construction d’une pompe de géothermie pour chauffer la cantine, un certain M.Pierre s’est intéressé aux travaux et les a suivis de près. En voyant cela le maire lui a proposé, sur le ton de la plaisanterie, de venir manger dans cette fameuse cantine. M.Pierre s’est réjouit de cette proposition et accepta sans hésiter. Il annonça même la bonne nouvelle à tous ses copains et copines. M. le maire ne pouvait plus reculer, il réunit alors le conseil municipal afin de commencer la procédure pour la préfecture. Et cette dernière accepta !

Le concept

A midi, tous le jours, les enfants sortent de l’école et traversent la petite place du village pour se rendre à la cantine. 15 minutes avant, les séniors du village sont là, assis sur le banc et attendent que les écoliers arrivent. Chaque jour, Denise, Marie, René et Pierre sont là et ne manqueraient un midi pour rien au monde !

Une fois dans la cantine, petits comme aînés s’assoient aux mêmes tables et déjeunent les uns à côté des autres. Chacun se raconte sa journée, René fait des petits blagues, bref tout le monde mange dans la bonne humeur.

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Ce que la cantine a changé dans le quotidien des séniors 

Evidemment, pour le quatuor nonagénaire, la cantine a embellit leurs semaines. Ils ne sont plus seuls toute la journée. Des liens d’amitié, de complicité et de solidarité se sont tissés entre eux. Et lorsqu’il n’y a pas cantine ils vont au restaurant du village tous ensemble pour ne pas perdre ce rituel.

Le fait d’être en contact quotidien avec les enfants leur permet de stimuler leur réactivité et les maintient en forme. D’ailleurs, depuis que Denise se rend à la cantine elle déteste les week end car elle s’ennuie le midi !

La cantine partagée de Bioule c’est une idée pleine de bon sens et d’amour qui favorise la solidarité intergnérationnelle et qui recrée du lien social.

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